Suite à un voyage en Egypte,effectué en 2011, je garde un souvenir inoubliable de ce petit temple, perdu dans le désert à l'est d'Edfou.
Il sagit d'un temple construit sous Séthy Ier qui se caractérise par de très belles couleurs tout à fait dans la droite ligne des bas-reliefs de Séthy Ier, si
caractérisques de son règne.
Compte tenu des publications pour ce temple, soit des transcriptions hiéroglyphiques sans traduction, soit des traductions sans hiéroglyphes, j'ai décidé de pallier à cet inconvénient en respectant la pensée égyptienne où iconographie et langue sont étroitement liées
A mes yeux c'est fondamental de mettre en regard les hiéroglyphes, les translittérations et traductions, cela permet d'apprécier la pertinence des translittérations et traductions, mais aussi de mettre en valeur visuellement le texte tel que traité par les égyptiens avec cette écriture si particulièrement esthétique.
Dans mon approche de la publication de ce temple, j'aborderai les 3 textes dédicatoires, avec, en regard des hiéroglyphes la translittération et la traduction. A mes yeux c'est fondamental de mettre en regard les hiéroglyphes; cela permet d'apprécier la pertinence des translittérations et traductions, mais aussi de mettre en valeur visuellement le texte tel que traité par les égyptiens avec cette écriture si particulièrement esthétique.
L'après Séthy a été traité par la présence d'un graffito daté de l'an 10 de Ramsès II, voir infra.
Au fur et à mesure de l'avancement de cette étude, j'aborderai par une approche historiographique à savoir comment les égyptologues ont traité ce temple et ses textes.

Un exemple significatif ces magnifiques couleurs, c'est la photo de la partie haute de la paroi, à droite en entrant dans le sanctuaire, c'est à dire le Texte B.

Un autre exemple de ces couleurs au plafond du sanctuaire en direction du fond.

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Les différentes missions que l'on peut recenser : |
Références pour les 10 dessins de Nestor L'Hôte : 'Papiers et dessins du voyageur et égyptologue Nestor L'Hôte (1804-1842).XIXe siècle'. III Notes et dessins.
Selon Weigall Arthur "A Guide to the Antiquities of Upper Egypt, 1909" (p.351), Lepsius et Golenischeft seraient les deux seuls égyptologues à avoir visité le site, au 19ème siècle.
En ce qui concerne les relevés Jules Couyat, pendant l'hivers 1910, il ne furent pas publiés, et c'est Henri Gauthier (BIFAO 17, p.2) qui en bénéficia pour sa propre publification de 1920.
D'un point de vue historiographique, il est intéressant de comparer et apprécier la qualité des transcriptions données dans publications de Schott (1), Reinisch (2), Lepsius (4), Golenischeff (5), mais aussi à l'aide d'une photo (3) prise en 2011. J'ai pris comme exemple le texte A:

J'ai mis en encadré bleu les rajouts de Golenischeff (1890) que Gauthier a mentionné en 1920.
Le temple de Kanaïs est un hémi-spéos, creusé dans une falaise de grès (grès "nubien" des géologues); il a été redécouvert par Frédéric Cailliaud le 3 novembre 1816 et par G.Baptista Belzoni le 24 septembre 1818
La chapelle était pourvue d’un portique ou sorte de pronaos, en maçonnerie, en grès, fermé sur les flancs par les claires-voies des murs-rideaux et, sur l’axe de la montée royale, par une porte à linteau brisé dont seul le seuil demeure. Ici le terme "portique" ou "vestibule" parfois utilisés pour décrire cette construction frontale du petit temple d’El-Kanais est inadéquat.
Les différents noms du site : Temple de Radésiéh , Wady Abbad, Ouâdi Miàh, Kanaïs. Pour Redésieh/Radesieh, c'est le nom du village qui servait de point de départ pour toute expédition vers Bérénice. Le Wâdi Abad est le ouadî principal qui part d'Edfou, pour l'Ouâdi Abbad serait un nom qui viendrait du 'bir Abbad', le puits d'Addad. L'ouâdy Miya / Miàh commence après le puits 'bir Abbad'. Juste après le temple de Séthy, commence est-sud-est le ouâdy Kanaïs. La ouâdi Miyâ coninuant vers l'est ....
Pour comprendre ces approches onomastiques rien ne vaut une carte, issue de la publication de Schott, "Kanais Tempel Sethos I im Wadi Mia", planche 20:

Un point étonnant dans cette série de désignation du temple est qu'en fait le nom de l’Ouâdy-el-Kanais (la vallée du Temple), a été donné le premier par Caillaud en 1818.
Henri Gauthier en 1920, explique que Kanaïs est le meilleur terme, et c'est le plus connu sous ce nom dans la littérature égyptienne de nos jours et El-Kanaïs, serait un nom qui viendrait de El-Kénisa, 'l'église', ou 'la Chapelle' en arabe.
![]() Le temple est situé à 55 km à l’est d’Edfou aux confins de 2 ouâdis, le ouâdi Miyâ et l'ouadi Barramiya, sur la route menant vers Bérénice. Sur le plan ci-contre j'ai mentionné la position des 3 textes dédicatoires, | ![]() J'ai corrigé le plan donné par Gauthier, il a mis un pilier carré de soutainement en plus. |
Ce n'est qu'en 1850 que Wilkinson dans sa première planche, dans son édition ' The architecture of Ancient Egypt', publia un plan de Kanaïs sous le n°40
Par contre il semble qu'il ait ignoré le pilier romain de soutainement |
Le temple lui-même s'appellerait: tA Xnm.t (mn-mAa.t-ra)|, c'est à dire le puits de Men-Maât-Rê; ou tA Xnm.t (Stxy mr-n-PtH)|, . selon la 2ème stèle à l'est du temple.
En français Xnmt = 'puits; point d'eau'; en anglais 'well; watering place'; en allemand 'Brunnen; Wasserstelle'.
On rencontre le nom du temple dès l'entrée , à droite, voir le #3 du PM, ci-dessous, à gauche, voir le #5 ci-dessous
Ce "temple" seait en fait une "station cultuelle", dont les divinités tutélaires sont Amon, Rê, Ptah-Osiris ; auquels est associé le roi Séthi, incarnation d’Harsiésis, pour former une compagnie divine de ce lieu saint.
Ref.Egypte restituée
Le temple peut se décomposer en 2 parties distincts:
Un Pronaos, donnant un accès au sanctuaire, avec 4 colonnes plus une, datant de l'époque romaine?
Un sanctuaire avec 4 colonnes et 3 niches, et 2 petits renforcements anépygraphes.
Pour Lichteim il s’agirait d’un petit temple rupestre en grès, à soixante-dix kilomètres à l'est du village de Redesiya, à environ huit kilomètres au sud d'Edfou. Le temple a porté différents noms : « Temple de Redesiyeh », « Temple du Wadi Abbad », « Temple du Wadi Mia » ou encore « Al-Kanais ». Lurson parle d'hémispéos de Kanaïs qui a été creusé dans la falaise, à l’ombre d’un surplomb rocheux qui borde l’Ouadi Miya au sud; il fait donc face au nord, au nord-nord-est pour être précis, la partie antérieure, qu’on appellera « avant salle », est recouverte d'une toiture de grandes dalles qui reposent sur les parois latérales et sur deux architraves soutenues par quatre colonnes papyriformes à chapiteau fermé. Egypte restituée : Sur le flanc sud du contrefort du ouâdi, le temple semi-rupestre est percé dans le grès du gebel (grès « nubien » des géologues). Un avant-corps, face au nord-est, a été rapporté sur le front de taille du spéos, parfaitement dressé pour former la façade du sanctuaire proprement dit. Taillé dans le roc et décoré, l'espace souterrain a mieux résisté que l'avant-corps, effondré assez tôt. Chabas cite la bourgade de Radesieh est le lieu habité le plus voisin des ruines de ce temple et que, pour cette raison, nous nommerons le temple de Radesieh.
La planche de Lepsius donne une très bonne idée, en plan et coupe:

Pour un description des scènes, j'ai suivi la numérotation du Porter et Moss (PM), vol. VII, p.321-326. Seules différences à noter concernent les 3 textes dédicatoires: pour le texte A, le PM attribue le n°13, pour le texte B, le n°15 et pour le texte C le n°14.
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Pour la description des colonnes par le PM, je traiterai ce point particulier dans le chapitre consacré aux colonnes.
Pour les scènes du pronaos, il faut intégrer ce que l'on appelle l'orientation symbolique d'un temple égyptien, à savoir, que le fond d'un sanctaire peut être considérer comme orienté vers l'occident, et c'est sur les parois du pronaos que l'on peut trouver une illustration de cette orientation symbolique.
La paroi est (géographique) correspondrait au sud, et c'est dans le commentaire de l'acte du roi "piéténer les Grands du vil Kouch", Kouch est bien le pays des nubiens, donc au sud. La paroi ouest (géographique) correspondrait au nord, et c'est aussi dans le commentaire de l'action du roi "piétiner les Ha.w nb.w", peuplades au nord de l'Egypte, pour certains égyptologues ce serait même les peuplades grecques. Vaste débat sur lequel les égyptologues ne sont pas d'accord.Par contre les listes de pays inclus dans les enceintes crénelées, derrière les divinités donne un mélange pêle mêle de pays.
Cette scène est "qualifée de scène triomphale avec une liste de pays septentrionaux" (cf. Kitchen KRI I,#15). Cela ne correspond pas à l'acte du roi.
![]() | Hélas dans son état actuel la partie droite de la scène est très déteriorée, heureusement que l'on possède les relevés de Lepsius et alii. ![]() |

Il faut noter de restes intéressants de couleurs vers la partie à gauche.
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J'ai préféré faire un petit excursus sur les deux listes de part et d'autres du pronaos.
Heureusement que l'on possède les planches de Lepsius (LD), devant l'état actuel des parois:

Aussi bien Kitchen que Simons attribuent la paroi est à des 'africains' !!!.
Ref: Simons S.J. - Handbook for the Study of Egyptian Topographical Lists Relating to Western Asia. 1937.
Ref : Kitchen, KRITANIC, p.39-41 qui analyse et commente les graphies.
Cette paroi est assez dégradée, seulement la partie haute est conservée; quant aux couleurs, une dominante brun sombre contraste avec le relief ouest (n°7).
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Ce relief présente des restes de couleurs assez bien conservées, ce qui n'est pas le cas pour la scène du côté est.
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Dans cette inscription nous retrouvons le nom du temple, voir ci-dessous
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Gauthier serait le premier égyptologue a avoir remarqué et traité de cette corniche.

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La numérotation des colonnes est celle présentée par Lepsius dans ses notices, page 76. Les abaques orientés au nord sont absentes d'hiéroglyphes. On peut observer qu'il y a une certaine présentation, les noms de couronnent sont orientés soit à l'est, soit à l'ouest. Par contre les noms de naissance sont orientés sud et nord. Pour le nom de couronnement, on les versions : |
Il ne reste plus que 2 dalles, où l’on peut voir 3 vautours au ailes étendues, tête tournées vers la gauche (sud symbolique). Probablement la désses Nekhbet.

Les 3 textes dédicatoires ne seront traités qu'après les scènes du Naos.
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Les couleurs des hiéroglyphes sont magnifiquement conservées. A droite, le roi coiffé du bonnet effectue une libation et un encensement en direction de la niche centrale. A gauche le roi est coiffé de la couronne de Haute Egypte portant l'uraeus, jambe gauche en avant, portant un large collier 'ouserkhet'; il tient un bâton de sa main gauche, sûrement une massue Hedj, associée à ???? et tend la main droite en signe d'invocation. |
Les trois linteaux du mur sud, côté des niches
A droite côté ouest, au centre côté sud et à gauche côté est.
Ordre des niches :
PM 24 est= Osiris au centre, Ptah à droite et Séthy à gauche
PM 25 centre = Amon-Rê, Horus, Séthy
PM 26 ouest = Amon-Rê ou Horus, Isis et Séthy
En entrant dans la chapelle, à gauche, donc vers le sud, nous trouvons une scène d'offrande de fleurs. Hélas le bouquet a été découpé, heureusement que nous avons le relevé de Lepsius
Le vas relief avec le temps est assez dégradé surtout dans la aprtie inférieure
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Avant tout il faut regarder comment les 4 colonnes ont été étudiées et classifiées par 4 sources:
Lepsius (bleu), Weigall (violet), Gauthier (rouge), et le Porter et Moss (vert).
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Cette approche permet de percevoir comment les auteurs ont classifiés les colonnes. Lepsius est parti du nord-ouest vers l'est, puis du sud-ouest vers l'est.Weigall a coupé en deux parties les colonnes, est et ouest. Le Porter et Moss a traité les faces de l'allée centrale (repéré a), les faces externes des pliers III et IV externes (repéré b), pour le repère c, pilier I et pilier II face nord, pilier III & IV face nord. Gauthier est parti du pilier nord-est vers le sud, puis du pilier nord-ouest vers le sud. |
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Le schéma des textes et divinités peuvent être synthétisés selon le plan ci-dessous.
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En vert figurent les scènes des parois, en rouge celles des colonnes
Pour la numérotation / repérage des piliers j'ai suivi celle de Gauthier, en chiffres romains. |
Détails des scènes des piliers selon le PM: ![]()
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Emplacement des 7 textes des bandeaux en bas des colonnes, tels que présentés par Weigall page 81.
Ce sont des petits textes affermissant le pouvoir du roi sur les pays étrangers

Ci-dessous j'ai mis les textes hiéroglyphiques, translittérations et traductions, avec en regard la transcription de A.Weigall.. J'ai apporté une correction pour le mot inw ='produits", j'ai remplacé le signe ib par le vase 'nw'.
Colonnes 1&2
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Colonnes 3&7
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Les textes au dos des colonnes, à l'opposé de l'allée centrale présente un intérêt particulier. Le plan ci-dessous donne la position des textes et ensuite le détail sera présenté ci-après.

Par rapport à la publication de A. Weigall (p.81, "The Backs of the Columns in Hall") qui présentait des erreurs d'affectation de textes aux faces des colonnes, j'ai préféré suivre la publication de H.Gautier (§8, pages 27-35).

Les textes de la publication de K.Lepsius (Denkmäler, Texte, IV, p.81-82) méritent d'être mentionnés.
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Un autre point à étudier, ce sont 4 noms d'Horus qui n'avaient pas été répertoriés dans le "Livre des Rois", tome 3 (1914). Ces noms d'Horus
additionnels sont aussi mentionnés dans les KRI I, 71 de K. Kitchen. La question que l'on doit se poser:"rencontre-t-on ces 4 noms
dans d'autres textes?".
Ils correspondent aux numéros H3, H8 H10 et H11 de la classification de ,
J.von Beckerath, 'Handbuch des Ägyptischen Königsnamen' (1999).p.148-151.
Le texte a été publié en partie par Arthur Weigall dans les ASAE 9, p.76-, sous une forme synthétique, en ne donnant pas les textes en entier

Ces 4 textes, correspondent bien à ceux que l'on retrouve dans les temples, ils sont conformes aux textes des architraves qui présentent le protocole du rois, au complet.
consistant aux 5 noms traditionnels, auxquelle ont été ajoutés "aimé d'Amon pour la partie est, côté ouest et aimé d'Horus d'Edfou (Béhédéty).Ces textes se situent dans l'allée centrale, donc destinés à être vus
Pour l'autre côté faute de photos, il semblerait que les textes se termineraient par di ankh, c'est à dire "doué de vie".
Le schéma donne le sens de lecture.
Architrave est, côté ouest:
Architrave ouest, côté est:
Ce qui caractérise ce temple est la présence de 3 textes, qui sont très importants pour l'historiographie du règne de Séthy Ier.
Les inscriptions se composent de trois textes liés entre eux. Le premier (A) est gravé sur le montant gauche de la porte menant à la salle principale. Les deux autres (B et C) se trouvent sur le mur nord de cette salle. Tous trois sont disposés en colonnes verticales. Le texte C présente de longues lacunes aux lignes 3 à 13, car la surface rocheuse avait été réparée avec des pierres qui se sont ensuite détachées.
Les traductions se sont étalées sur 170 ans, et c'est assez surprenant de regarder comment les traducteurs ont
abordés ces 3 textes.
On peut observer que c'est Schott qui a traité différament ces textes, en commençant
par le texte A, puis le B et C !
Pourquoi ?
Il faudra attendre 2026 pour revenir à l'ancien ordre
de traitement, à savoir Paksi J.
Quelques traducteurs:
| 1856 Chabas | B, C et A. |
| 1867 Birch | B, C et A. |
| 1871 Lauth | B, A et C. |
| 1876 Birch Samuel | B, C et A. |
| 1890 Golenischeff | A. |
| 1906 Breasted | B, C et A. |
| 1913 Weigall | B, A. |
| 1914 Gun / Gardiner | B, C et A. |
| 1920 Gauthier | B, A et C. |
| 1933 Sander Hansen | B, A et C. |
| 1961 Schott | A, B et C. |
| 1975 Kitchen | A, B et C. |
| 1976 Lichteim | A, B et C. |
| 1997 Davies Benedict | A, B et C. |
| 2026 Paksi Juliana | B, C et A. |
Les premiers relevés de textes hiéroglyphiques peuvent être attribués à Nestor L'Hôte lors de son troisième voyage en 1841, voyage qui débutat le 21 juillet 1840.
Ref: La Revue des Deux Mondes, Paris, vol. 27, no 1, 1841=-7-01, p. 147.
Le texte:Le petit temple, seul monument égyptien qui se trouve à une journée du Nil, à été creusé dans le roc, avec un portique bâti de pierres de taille, sous le règne du père de Sésostris, Ménephtah Ier, J'ai copié la majeure partie de la décoration de cet édifice, notamment une grande inscription hiéroglyphique, portant la date de l'an IX du règne de Pharaon. On remarque dans les cartouches renfermant le nom propre de ce prince cette figure parfaitement conservée du dieu à longues oreilles et an bec recourbé, qui, dans presque tous les monumens, se trouve martelée , comme si pendant le règne de Ménephtah le culte de ce dieu eût été supprimé. Cette figure est d'ailleurs trés rare sur les monumens des autres époques ; Champollion l'appelle Seth. ...
Ces trois textes présentent un intérêt considérable. Certains égyptologues classent ces 3 textes dans la catégorie des "koenigsnovelle"; mais ils ne sont pas tous d'accord.
Selon Paksi, p.90; 'L’inscription de Kanais de Séthi Ier est un texte royal linguistiquement hétérogène, dont les principales unités textuelles présentent une densité variable de traits grammaticaux propres à l’égyptien ancien et à l’égyptien tardif.
Le texte B relate comment le roi, impressionné par les difficultés du voyage dans le désert, planifia le creusement du puits, une entreprise que les dieux bénirent et qui promit succès.Pour Lepsius, dans LD Abth III, pl 140, il donne comme ordre des 3 textes: B, C et D, son texte D correspond au texte A.
Schott Siegfried 'Kanais, der Tempel Sethos I. im Wâdi Mia', a publié en 1961 un article qui a été fondamental dans l'étude de ces trois textes. Il a donc imposé la séquence A, B, C.
Paksi Julianna Kitti a publié un article intitulé: " Linguistic Heterogeneity in the Ramesside Royal Inscriptions", page 26, explique une lecture différente, l'odre serait B, C en enfin A.
Ref: Lingua Aegyptia Studia Monographica, band 32, 2026.Ci-dessous les planches issues de la publication de Schott.Il a respecté les sens des signes, pour le texte C, lecture de gauche à droite, et pour les textes B et A lecture de droite à gauche.

Nestor L'Hôte a publié un magnifique relevé du texte B, que l'on retrouve dans les archives de la BNF côte NAF 20396; sous le titre :
"Papiers et dessins du voyageur et égyptologue Nestor L'Hôte (1804-1842).XIXe siècle. III Notes et dessins",
Source: Gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits.
Planche 39.

















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C'est Lepsius qui a remarqué un petit graffito datant de l'an 10 de Ramsès II.La question qui peut être posée est que Ramsès II n'a pas du tout spolié le temple de Kanaïs par quelques cartouches qu'il aurait pu graver dans le pronaos, sur les surfaces des colonnes disponibles. Aurait-il, ici, marqué par la "damnatio memoriae", formulée par son père?.

Dans ses notices Lepsius en page 82, mentionne : "Ein Kleines Fragment gelben Kalsteins, aus dem Wüstentempel gegenüber Edfu mit dem Schilde Ramses II ist jetzt in Berlin Nr. 3424". Selon le PM VIII (p.153) consacré aux objets du Musée de Berlin, ce fragment aurait disparu.
Belzoni : Narrative of the operations and recent discoveries within the pyramids, temples, tombs and excavations in Egypt and Nubia,
and of a journey to the coast of the Red Sea, in search of the ancient Berenice and another to the oasis of Jupiter Ammon,
Londres, 1820.
Birch, : Inscriptions of the gold mines at Rhedesieh and Kuban. », dans Records of the past: being English translations of
the Assyrian and Egyptian monuments. vol. 8, Egyptian texts, Londres, 1876, p. 67-80.
Breasted : Ancient records of Egypt: historical documents from the earliest times to the Persian conquest, Chicago; Londres; Leipzig, 1906.
Cailliaud : Voyage à l’oasis de Thèbes: et dans le déserts situés à l’orient et à l’occident de la Thébaïde, fait pendent les années 1815, 1816, 1817 et 1818, Paris, 1821.
Chabas : Une Inscription historique du règne de Séti Ier en 1858.
Davies Benedict : Egyptian Historical Inscriptions Of The Nineteenth Dynasty (1997)
Garnett Anna : 'A Monument in Desert Lands, Constructing and Transforming Place in Egypt’s Eastern Desert during the New Kingdom'.
Gauthier, Henri: Le temple de l'Ouâdi Mîyah (El Kanaïs). - In: BIFAO 17 (1920) 1-38,20 Taf.
Gunn B, Gardiner : New renderings of Egyptian texts / by Battiscombe Gunn and Alan H. Gardiner. - In: JEA 4 (1917) 241-251
Golénischeff : Recueil Travaux (RT) 13 (1890) Une excursion à Bérénice
Gundlach , R., Strukturfragen bei der Analyse und Interpretation ägyptischer historischer Texte,
Harari, Ibram : Les dispositions juridiques prises par Séti Ier à Kanais, DE 7 (1987), 87-104.
Harari, I.: Les décrets royaux. Source de droit, DE 8 (1987), 93-101.
Kitchen : 1975, KRI I, 65-70.
L’Hôte : Lettres sur l’Égypte en 1841 », Revue des deux mondes - 4e série 27, 1841, p. 136-151.
Lepsius : 1849-1859, vol. III, pl. 138-141, vol. IV, p. 75-84
Lichteim : 1976, Ancient Egyptian Literature II, p. 52-56
Morales : The inscription of Seti I at Kanais (Wadi Mia)
Morales Antonio J. : Threats and warnings to future kings, The inscription of Seti I at Kanais (Wadi Mia)
Paksi : Linguistic Inclusiveness in Seti I’s Kanais Inscription, 2015
Paksi Julianna Kitti : Linguistic Heterogeneity in the Ramesside Royal Inscriptions.
Schott, Siegfried : Kanais. Der Tempel Sethos I. im Wâdi Mia, Göttingen,1961
Toth : The Inscriptions of Sety I at Al-Kanais/Wadi Mia », dans Introduction to Middle Egyptian Grammar through Ancient Writings, Camden - New Jersey, 2013
Vandenhoeck & Ruprecht, 1961
Weigall Arthur E. : A Guide to the Antiquities of Upper Egypt, 1909.
Weigall : A report on the so collad Temple of Redesiyeh (Kanaïs), ASAE Vol 9, 1909
Wilkinson : Modern Egypt and Thebes. Being a Description of Egypt, Including the Information Required for Travellers in that Country, II II, Londres, 1843